Chronique analgésique

MAF...Infirmière 001

Je ne suis pas une mère cool – en même temps, y’a-t-il des mères cool dans la salle? S’il y en a, qu’elles lèvent le doigt, montent sur l’estrade et partagent leur secret, pour le plus grand bien de tous, nous, nos enfants, l’Humanité toute entière… Donc, je suis plutôt du genre pas cool, voire un peu autoritaire, d’aucuns pourraient même dire rigide (d’aucuns étant le 2ème prénom de mes enfants); j’ai le NON! systématique, la patience furtive et l’hystérie facile. MAIS…

… parce qu’il faut toujours un MAIS pour nuancer une entrée en matière peu flatteuse, dans certaines situations, je deviens tout l’inverse, douce, attentionnée, dévouée sans limite: quand mes Choupettes sont malades.

Attention, il y a malade et malade. Touchons du bois, mes filles, si elles ont sorti des trucs bizarres et parfois impressionnants (rhume de hanche, pieds-mains-bouche, fracture de la clavicule dès l’expulsion du bidon…), ont jusqu’ici été épargnées par les choses très graves. Mais dès qu’elles montent en température, dès qu’un bouton pointe sa vésicule sur le coin de leur joue, dès qu’elles s’égratignent le genou, je sens une blouse virtuelle se poser sur mes épaules, avec un thermomètre et une pipette de doliprane dans la poche – un peu comme Gigi, quand son pendentif lui permettait de se transformer en une jeune femme avec de nouvelles compétences, vous vous rappelez?

Et là, je me révèle. Je désinfecte les pustules varicelleuses avec application, positionne les strips à l’équerre, excelle dans la confection de cataplasmes au synthol, les emmène au Mc Do après une radio, me lève plusieurs fois dans la nuit sans me transformer en gorgone et accepte même volontiers de partager mon lit – c’est dire…

A cela, j’ai trouvé deux explications:

  • une socio-professionnelle: j’ai râté ma vocation et me serais épanouie dans le milieu hospitalier… pas sûr… la vue du sang, les croûtes purulentes et autres joyeusetés médicales dont je vous épargnerais ici l’inventaire, ne me sont supportables QUE sur des corps familiers, et petits de préférence.
  • une psyco-freudienne: la vulnérabilité de mes filles renforce mon sentiment de toute-puissance à leur égard. Affaiblies, elles ne me résistent plus, ne s’opposent pas, ne se rebellent pas, veulent juste des câlins et du sirop. Même si cette explication n’est pas très politiquement correcte, le simple fait d’y avoir pensé me laisse craindre de ne pas être loin de la vérité…

Quoi qu’il en soit, mon armoire à pharmacie est extrêmement bien achalandée. J’en ai même tiré une version portative que j’emmène avec moi dès que j’y pense, en vacances, en rando-vélo, au supermarché, et qui sert en fait de repoussoir ou de talisman: il n’arrive évidemment jamais rien quand elle se trouve dans mon sac. Il suffit par contre que je l’oublie pour ne pas avoir ne serait-ce qu’un mouchoir pour éponger une hémorragie nasale…

Jusqu’à présent, je ne pensais pas que mes filles avaient détecté chez moi cette tendance, mais quand j’ai vu, malgré son poignet fort endommagé, la mine réjouie de N°1 la dernière fois que nous nous sommes retrouvées toutes les deux aux urgences, j’ai compris qu’elle avait trouvé la brèche…

 

J’adore demander à Odré de me relooker, grâce à elle, je vis plusieurs vies…

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8 thoughts on “Chronique analgésique

  1. Je suis une mère prof (de maths) donc je ne peux pas être cool, c’est pas dans mes gènes. Le poil d’autoritarisme, je connais ; l’autorité souple beaucoup moins (ce qui est navrant pour mes élèves – et mes enfants)
    Je plussoie ton explication psyco-freudienne sur leur vulnérabilité qui renforce notre toute-puissance : mon petit devient monsieur bisous quand il est malade (et qu’il a terminé de pleurer), je ne peux qu’adhérer à cette facette insoupçonnée de sa personnalité.

    • sans vouloir paraître vieux jeu ou réac, je dirais que je garde d’excellents souvenirs de profs ou de patrons qui m’avaient paru autoritaires à l’époque, sévères mais justes, avec qui il n’y avait jamais de problème de respect… ET que ma Mère n’était pas souple, mais que je la comprends aujourd’hui, la retrouve dans beaucoup de mes réactions (même si elle me trouve quand même plus dure !) et que si, dans 10 ou 20 ans, j’ai la même relation avec mes filles que ma soeur et moi avons avec elle, ça vaut le coup de lutter un peu maintenant…

  2. Avec cette tenue sexy, tes admirables qualités d’infirmière ne doivent pas non plus laisser ton chéri totalement indifférent !
    La combinaison bas / chaussettes à pois est un truc glamour à retenir.

  3. Check, la loi de Murphy pour la trousse à pharmacie, j’en ai même fait un argument contre-protestataire à Môssieur quand il se plaint qu’on part trop chargés : « tu sais bien que si je ne prends pas tout ça, on en aura besoin ! ».
    Pour moi je pense que c’est foutu, ma fille associe « malade » à « canapé + dessins animés », de quoi la rendre hypocondriaque à 2 ans 1/2 !!

    • Oais, et les messieurs qui trouvent toujours qu’on optimise pas les valises sont aussi les premiers à nous demander: « T’as pris l’appareil photo? et la crème solaire? et les bottes en caoutchouc? »… Je suis pour une implication massive des hommes dans la préparation des bagages… ou pas…

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