Youpi, plus de mercredi!

 

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C’est ce que je me suis dit à l’annonce de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. En plus de me soulager de N°3 – ce dont j’avais fini par me remettre – l’école m’accordait une matinée supplémentaire de liberté. J’étais, comme un appelé à la veille de sa première perm’, grisée par tout un tas d’alléchantes perspectives…

Quatre jours et demie. Et demie! C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Une demi-journée! On a pourtant essayé de m’expliquer qu’en échange, je perdrais trois quart d’heure par jour, l’école finissant chez nous à 15h45, mais ça me paraissait dérisoire à côté de ce que j’allais gagner: 3h pleines, 180 minutes, 10800 secondes, soit quasiment quatre épisodes de Grey’s Anatomy ou le temps d’un aller-retour à Lyon… sans y rester. Pas question donc de programmer le shopping de la semaine, le tri exhaustif des placards de la cuisine ou même d’aller courir… surtout pas! L’idée, justement, c’était de ne PAS courir, de m’aménager une bulle d’air, une petite soupape de sécurité, de me réapproprier le mercredi pour en faire à nouveau une parenthèse oisive et sucrée. Comme au temps de Récré A2. Bien avant que ce mercredi ne devienne une journée de travail presque comme les autres. Bien avant que mes filles n’en fassent le jour le plus épuisant de toute la semaine. Je me voyais déjà, libre comme une nullipare, flâner dans les rues entre deux boutiques, savourer une pause café-terrasse-bouquin, prendre (enfin) rendez-vous chez l’esthéticienne… bref, profiter pleinement de tout ce temps rien que pour moi…
Il a pourtant fallu que j’y renonce la première semaine, pour cause, justement, de shopping hebdomadaire décalé d’un jour, comme la rentrée. La deuxième semaine, je ne pouvais décemment pas laisser en plan tout un tas de trucs un peu importants (renouvellement de passeports, impôts, inscriptions diverses et variées du début d’année…) pour aller me faire vernir les ongles des pieds. J’ai donc prévu de me rattraper avec une pédicure ET une manucure la semaine suivante. La gestion des dossiers prioritaires m’ayant fait prendre un sacré retard sur celle du quotidien, j’ai eu l’impression, en rentrant chez moi après avoir déposé mes filles à l’école le mercredi de la troisième semaine, de retrouver une maison de campagne. De celles qu’on n’ouvre que pour les vacances, qui, entretemps, se peuplent d’araignées, de mouches mortes, de moutons de poussière gros comme des pelotes de laine, qui sentent le chien mouillé et la croûte de fromage rance. Inutile de vous expliquer à quoi j’ai consacré cette troisième demi-journée de liberté.
Au matin du quatrième mercredi, je me suis heurtée, en faisant notre lit, à un oreiller vigoureusement récalcitrant (on ne se méfie jamais assez de la vigueur des oreillers); j’ignore par quelle prise experte il a réussi à me mettre K.O, mais il m’a plongée dans un coma réparateur auquel seul le facteur a pu mettre fin en sonnant fort et opportunément à notre porte à 11h28. Je vous passe le détail des traces du combat, mais en voyant ma tête dans le rétroviseur sur la route de l’école, j’ai commencé à douter franchement du bien-fondé de la réforme. J’étais épuisée, désorganisée et terriblement mal coiffée.
Mais au-delà de ma mauvaise gestion de planning, j’ai réalisé que je souffrais d’une vraie contrariété chronobiologique, que j’encaissais la remise en cause d’un rythme ancré dans mon métabolisme depuis la Petite Section, MA petite section: et 1-2-Credi, 1-2-Week-End, et 1-2-Credi, 1-2-Week-end…
Voilà, il faut donc juste que je m’y fasse, mais plus jamais je ne dirais, avec ironie ou non: « Youpi, c’est mercredi… »

 

Chronique parue dans le numéro d’Octobre 2014 du magazine Actives.

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4 thoughts on “Youpi, plus de mercredi!

  1. Maintenant, je peux travailler au collège le mercredi matin puisque les enfants sont à l’école. Ce qui allège un peu mon reste de semaine.
    Mais c’est vrai que pour eux, 1. 2. 3. 4. 5. Weekend c’est long …

    • de toutes façons, je pense qu’il est impossible de satisfaire tout le monde… mais c’est vrai que pour les tout-petits, il n’est pas facile de prendre le rythme. N°3 est encore plus irritable et colérique que d’habitude, on dirait moi…

  2. Capitaine MAF tu n’es pas
    De notre galaxie
    Mais du fond de la nuit
    – Capitaine MAF-
    D’aussi loin que l’infini
    Tu descends jusqu’ici
    Pour sauver tous tes petits

    Capitaine MAF tu n’es pas
    De notre voie lactée
    Mais tu as traversé
    – Capitaine MAF-
    Cent mille millions d’années
    Pour sauver de ton bras
    Les gens de ton foyer

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