chronique #fail#istique: Ces moments Pfffffff

 

MAF Pfffff

Vous le savez déjà, ça fait bien longtemps que j’ai renoncé à devenir une Maman idéale (ce n’est pas par manque de volonté, c’est juste parce que j’ai préféré suivre l’option ‘piscine pour mères à la dérive’). Mais, il y a quand même certains moments où j’ai l’impression d’arriver à surnager, où les choses s’enchaînent avec une fluidité toute relative et du coup, je pense gérer… et puis il y a les autres moments… ceux que les jeunes internautes branchés appellent #fail#, ceux que j’appelle les moments “Pffffff”, parce qu’il n’y a rien à dire de plus que ça, Pfffff, parce qu’une toute petite chose de rien du tout vient ruiner toutes mes illusions en un claquement de doigt et me remet face à mes limites…

Quand, par précipitation, en partant au cours de ski, je coince le cou de N°2 dans la fermeture éclair de son blouson…

Quand, par manque de concentration, en train de jouer avec N°3 pour l’habiller, je coince un fin morceau de peau de son entrejambe dans une pression de son body…

Quand, par acharnement sur un bouquet de noeuds, je brosse avec pugnacité le dos nu de N°2 qui finit quadrillé de grands coups de griffe…

Quand, par excès de zèle, je me penche sous le lit de N°3 et y découvre un troupeau entier de moutons de poussière, car il n’a pas été déplacé depuis la rénovation de sa chambre en 2012…

Quand, par maladresse, mon coude heurte la poignée du robinet, déclenchant ainsi l’arrivée de l’eau qui ricoche sur le manche d’une casserole dans l’évier et postillonne non seulement sur mes lunettes mais aussi dans TOUTE la cuisine…

Quand, par habitude, j’ouvre la porte du lave-vaisselle pour le vider et que je tombe sur les plats propres mouchetés du chocolat chaud que l’Homme, plein de bonne volonté, a versé dessus en rangeant sa tasse du matin…

Quand, par hasard, je retrouve, dans la boîte à gants de la voiture, le courrier hyper important de la CAF que je me suis plainte, avec véhémence par téléphone, de ne jamais avoir reçu…

Quand, par envie de changer de décor, je décolle enfin le programme des vacances de l’été dernier – oui, je fais des programmes de vacances, ça nous occupe au moins une à deux ½ journées, rien que pour les décorer, c’est déjà ça de pris…-  et que la patafix a laissé des traces grasses immondes sur le mur que l’Homme et moi avions peint avec amour…

Quand, par curiosité, je me retourne vers N°3 qui m’appelle avec fierté depuis son siège auto: “Maman, Maman! E’ga’de, C’otte de nez, collée!!!” et qu’elle joint le geste à la parole en essuyant son doigt sur le plastique de l’intérieur de la portière…

Mais ma plus belle série, c’est celle de la semaine dernière:

Quand, par besoin collectif de prendre l’air, après 10 jours de pluie, nous profitons de la seule journée de beau temps des vacances pour partir en balade au bord du Lac avec tout ce que le garage compte de véhicules roulants non-motorisés (vélo, rollers, trottinettes…), et que N°3 s’endort dans les dix dernières minutes précédant l’arrivée…

Quand je suis obligée de la réveiller, parce que les deux autres ne vont pas attendre paisiblement qu’elle termine ses deux heures de sieste – moi toute seule, je me serais juste garée et j’aurais ronflé de concert en bavant sur mon volant – et que, comme toute personne perturbée en pleine phase de sommeil profond, elle s’avère de fort méchante humeur et ne veut donc plus de quoi que ce soit qui roule…

Quand, 50 mètres et trois barres de Kinder plus tard, elle réclame le vélo que N°1, bonne pâte, retourne chercher à la voiture…

Quand encore 50 mètres plus loin, elle envoie balader son vélo, mais ne veut pas marcher non plus et que je me tape les 1,5 km qui nous séparent de l’aire de jeux main dans la main/poignée avec le vélo, N°3 calée sur la hanche…

Quand, cerise sur le gâteau, je me rends compte que ces beaux reflets brillants sur le Lac sont en fait l’éblouissement symptomatique de l’aura d’une migraine ophtalmique…

Quand, du coup, je m’allonge dans l’herbe, le temps de retrouver l’usage de mes yeux et d’accueillir le rouleau compresseur qui va malaxer à la partie gauche de mon cerveau pendant les prochaines heures, que les filles sont là, à côté de moi, sans bouger, alors qu’elles avaient eu, l’espace d’un quart d’heure, l’illusion de partager un moment sympa dans un cadre magnifique avec une Maman détendue… Mais Pffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff

 

Et revoilà Odré! Que mes déboires, ont, comme d’habitude, bien inspirée…

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9 thoughts on “chronique #fail#istique: Ces moments Pfffffff

  1. Comme je compatis !!!!!!!!!! Face à nos limites, face à « ce qu’on sait qu’on doit faire mais qu’on y arrive pas à cet instant précis », face à des « défaites »…….là, comme c’est dur !!! Je pense que toutes mamans de 3 enfants en congé parental peut se retrouver dans ces lignes. Heureusement, quelques infimes moment de pur bonheur prennent le dessus sur tout ça. Mon petit dernier de 11 mois ne cesse plus de dire « maman », et même au 3ème…C’EST BONNNNN !
    PS : pour la migraine, il faut essayer le roller de pure essentiel. Il se glisse partout et même si ça ne guérit pas tjrs complètement, ça soulage assez pour tenir le coup toute la journée.
    Bon couraaaage !

    • Merci!!! et tu as absolument raison, il y a vraiment des moments de pur bonheur, qui effacent totalement le reste, heureusement! J’essaierai le roller, merci pour le tuyau!

  2. Bon…. J’adore toujours autant te lire, d’autant que je me retrouve dans mal de tes récits… Mais là vraiment tu as toute ma compassion et mon soutien… Il y a des jours comme ça… Ce que je le dis c’est que vu la journée passée, le lendemain peut difficilement être pire #ondespositives !! Courage !!

    • Merci! suis contente de te revoir par là! Tu as raison, il faut rester positive, surtout, que, en toute objectivité, il n’y a jamais rien de très grave… juste des petits moments de découragement!

  3. Ouai…ben moi perso j’ai cru que je passais n°1 ET n°2 par la fenêtre avec toute cette pluie. …il était temps que l’école reprenne. …
    Merci pour cette bonne lecture de rigolades. ….

    • Mais il FAUT les passer par la fenêtre! Enfin, les mettre dehors en tous cas… Une fois, on en a eu tellement marre du mauvais temps pendant un séjour en vacances, qu’on a carrément mis les filles en maillot de bain dehors sous la pluie; on a donc tous sauté gaiement dans les flaques d’eau sans aucun scrupules et enchaîner sur une séance bain-chocolat chaud-dvd avec moins de culpabilité…

  4. Ping : Chronique #fail#istique: Ces moments Pffff #2 | Ma Vraie Vie de MAF

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