Chronique Pathologique

CANDY CRUSH

 

Aujourd’hui, je vous ouvre mon Coeur… je voudrais évoquer avec vous un véritable fléau dont les ravages sont encore tus, une pathologie qui met à mal les relations de couple, une addiction qui grangrène insidieusement la cellule familiale. Aujourd’hui, je ne peux plus me taire, il faut qu’enfin je brise le silence et que, devant vous, je crie ma haine contre les bonbons, les sucres candi, les berlingots et autres gélatines colorées, aux allures ludiques et inoffensives; aujourd’hui, il faut que j’éclate la face de ce p**** de bouffeur de neurones et anéantisseur de dialogue conjugal qui pourrit mon quotidien, j’ai nommé: CANDY CRUSH! 

Nous avons tous une prédisposition à l’addiction, c’est vrai, soyons honnête… moi par exemple, j’ai eu des phases Grey’s Anatomy, Robert Pattinson, Cut the Rope ou Catherine Pancol, et il est vrai que je ne peux toujours pas vivre sans une plaque de Côte d’Or lait-noisettes à portée de main (et la promesse d’une bonne bière belge le vendredi soir, mais passons…). Il me semble pourtant que la raison, renforcée certainement par la nécessité de faire tourner une maison de cinq personnes dont trois (voire quatre) dépendent de moi, a toujours contenu ces penchants, m’empêchant de tomber dans les affres de la dépendance.

Mon Homme, par contre s’est avéré un terrain plus favorable… Au début, je n’ai pas flairé le danger. Je me souviens même avoir souri en voyant N°3 lui tendre docilement la tablette, après avoir fermé son Penguin Pairs, trouvé, elle qui ne sait évidemment pas lire, l’icône du dossier de nos jeux d’adultes et selectionné celle des sucreries empoisonnées. A la fin d’une longue journée de travail, je comprenais qu’il ait envie de se détendre, de se vider la tête, de faire quelque chose qui n’allait pas mobiliser ses méninges. Il a donc progressivement abandonné nos stimulantes parties de Scrabble en ligne, puis la lecture du journal, celle de mes chroniques, des BD et même du Tchoupi du soir.

J’ai commencé à trouver ça un peu invasif quand, via mon compte facebook (il n’en a pas), j’étais sollicitée quotidiennement par d’autres amis ‘Candy Crushers’, ou quand je découvert des reçus d’achats de vie et de niveaux dans ma boîte mails, alors qu’il m’avait juré ne jamais rien dépenser. C’était le signe que les choses s’intensifiaient, et c’est là qu’il a entamé une longue mais inéluctable descente aux enfers. Il a commencé à prendre la tablette pendant les coupures pubs de Top Chef, à s’enfermer de plus en plus longtemps dans les toilettes, à ne s’intéresser qu’à la deuxième partie d’Auto Moto, ne supportant pas les remarques qui ne venaient même plus de moi, mais des Choupettes…  Jusqu’à ce week-end, où non seulement il n’a pas regardé Scoubidou avec elles, mais il a carrément renoncé à leur rituel de la bagarre-canapé du Dimanche matin.

Alors trop, c’est trop. Je vais donc prendre les choses en main, ne pas le laisser dériver. Il y a peu, nous nous étions inquiétés de voir N°3 devenir très accro, elle aussi, à la tablette. Après l’avoir retrouvée plusieurs fois planquée dans la penderie en train de regarder Alice aux Pays des Merveilles, ou avoir été réveillés à 5h du matin par les Wouhouuouuu! Yahaaaaaa! de Minion Rush, nous avions décidé d’en bloquer l’accès par un code. Et bien, je m’en vais verrouiller le code par un autre code! Je ne vois que ça…

Je m’expose au pire, j’en suis consciente, sa colère risque d’être terrible et il va ensuite nous falloir gèrer le manque… Mais je ne veux pas finir comme cette femme du Sud de la France, qui a carrément quitté le domicile conjugal avec ses enfants sous le bras, et dont le mari n’a réalisé l’absence que 50 niveaux de Candy Crush plus tard*. Donc, j’y vais, mais j’ai peur…

* lisez cet excellent article du Courrier des Echos: « il termine le dernier niveau de candy crush et réalise que sa femme est partie depuis trois mois avec ses enfants« .

Et sur le phénomène Candy Crush:

Télérama: « Tous bouffés par Candy Crush » 

Les Inrocks: « Les Dessous cachés d’une Addiction »

 

 Comme d’hab’, Odré a bien compris dans quel état ça me mettait…

 

Advertisements

2 thoughts on “Chronique Pathologique

  1. Tu as raison le sevrage brutal, pur et dur, il n’y a que cela de vrai.
    Tiens bon, ce n’est tout de même pas des bonbons virtuels multicolores qui vont avoir le dessus ! Ce candy crush, en plus d’être un phagocyteur de neurones m’apparaît comme l’antithèse absolue d’un quelconque début de créativité.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s