Chronique gastronomique: Le bonheur, c’est simple comme une crêpe au Nutella

vignette choco

A priori, comme toutes les Mamans pleines de principes – et j’en suis percluse, la crêpe au nutella, je ne suis pas pour… le Nutella tout court non plus d’ailleurs, ou alors à grands coups de cuillères à soupe, avec ma frangine, les soirs de blues devant un bon Rom-Com des familles (Romantic Comedy en Ecossais dans le texte)… Et pourtant…

C’était un Samedi après-midi, il faisait beau et presque chaud, les choupettes et moi avions fait quelques pistes à ski le matin, entre nénettes, et nous nous promenions à présent dans mon village natal, toujours entre nénettes… le cadre idéal pour se payer une bonne crêpe au Nutella – si l’on tait le fait que N°1 nous avait pourri le début de la balade en refusant catégoriquement d’attacher ses cheveux gras de pré-ado, en frôlant la crise de nerfs quand je la menaçais de ne pas l’emmener avec nous, qu’elle avait fait la tronche la moitié du chemin et que je lui avais ruiné l’autre moitié en lui demandant tous les 100 mètres si elle faisait toujours la gueule, et en l’assaisonnant vertement en pleine rue, sous les yeux de la mère d’un de mes potes d’enfance… mais taisons tout cela, sinon, vous n’allez pas du tout comprendre pourquoi j’ai trouvé ce moment idyllique… Bref, pour une fois, j’étais seule avec mes filles, ce qui est le cas 90% du temps me direz-vous, mais rarement pour un moment de pure détente – enfin, de détente tout court… ou presque de détente, rapport à l’épisode relaté ci-dessus…

Lorsque ces trois enfants merveilleuses passent un moment privilégié avec leur père merveilleux et détendu, elles en reviennent toujours avec la banane, après une merveilleuse partie de flipper, une menthe à l’eau merveilleuse dans le troquet du coin ou un tour de scooter merveilleux, alors je me suis dit: moi aussi, je voudrais qu’elles soient ravies d’avoir passé ce moment avec moi, j’aimerais que plus tard, elles se rappellent, avec un regard complice et un brin de nostalgie: “tu te souviens quand on se promenait avec Maman et qu’elle… qu’elle…” Bon Sang, il allait pourtant bien falloir que je trouve quelque chose!!! Quand soudain devant moi apparut la cabane providentielle, la baraque à crêpes, la même que quand j’étais petite, avec ses rondins de bois et ses odeurs de pâte sucrée… Inutile de dire que cette proposition de goûter fit l’unanimité… oui, je sais, c’est un peu facile, mais dans ma position de mère intransigeante, toute geste de corruption susceptible d’adoucir mon image dans leurs souvenirs en construction est bonne à tenter.

Donc, tournée générale de crêpes au Nutella… attention à la gueule de bois. A peine en main, celle de N°3 est allée s’échouer lamentablement sur la chaussée… Mais il en fallait plus pour me gâcher MON moment, alors je l’ai ramassée, remise dans son papier après avoir soufflé dessus et retournée à sa propriétaire sous le regard médusé de mes voisins de file… ben quoi? Faut pas gâcher, et puis ça lui fait son immunité, et puis ça ne peut pas être pire qu’un yaourt périmé d’une semaine, non? Elle résiste au yaourt daubé, elle endurera la crêpe souillée! Mais, concentrée que j’étais à limiter les dégâts du côté de la benjamine de la famille et à guetter l’apparition d’un sourire sur le visage de l’aînée, je n’ai pas vu le danger venir du milieu… N°2, toute jolie dans sa petite jupe d’hiver, religieusement absorbée dans sa dégustation, avait réussi, sans éveiller les soupçons, à se badigeonner de chocolat fondu jusque derrière les oreilles, dans le dos et sous les coudes de la veste flambant propre que Mamie venait juste de ressuciter… ce fut la série de gouttes de Nutella qui fit déborder le vase.

En fait d’une Maman cool et aimante profitant d’un petit moment sympa entre nanas, en moins de cinq minutes, j’étais donc de nouveau en train de m’éparpiller en plein centre du village, aggravant le sort de la veste à grands coups de serviette en papier, criant sur la Grande parce qu’elle préfèrait finir la crêpe aux bactéries de la Petite, plutôt que de l’empêcher de se rouler dans LA flaque de boue de la Place, effarée par la tournure que prenaient les événements… tout à fait pathétique.

Moralité, la prochaine fois, je laisserai au Papa le soin de gèrer le goûter sympa, j’irai boulotter toute seule ma crêpe au chocolat et les Choupettes seront bien gardées, voilà!

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6 thoughts on “Chronique gastronomique: Le bonheur, c’est simple comme une crêpe au Nutella

  1. Mais c’est ça les bons souvenirs de l’âge adulte !
    Ce n’est pas quand tout roule, mais c’est quand il y a des grains de sable dans la belle mécanique (ou dans la crêpe au Nüt.).
    Elles riront plus tard ensemble, en se rappelant tout ce tralala folklorique et ces délicieuses crêpes partagées avec leur mamounette débordée…mais si pleine de bonne volonté !

    • Si elles ne sont pas traumatisées, abonnées au divan d’un psy hors de prix, alors oui, peut-être qu’elles arriveront quand même à en rire… Merci pour cette pensée réconfortante en tous cas!

  2. Toujours aussi drôle… toujours un bon moment de lecture… et pour le Nutella, on en trouve au rayon bio sans huile de palme 😉 (bon, ceci dit, ça n’enlève quand même pas les 95% d’huile!)

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