chronique athlétique: récit d’un MAF-rathon quotidien

MAF... MARATHON 001

Le MAF-rathon est la seule discipline, qui, bien qu’il s’agisse d’une course de fond, consiste en fait à enchaîner une série de sprints et d’accélérations très brutales. Il s’agit donc d’un sport complet, mais extrêmement exigeant… un seul grain de sable dans le rouage et c’est la faute assurée…

6h45: échauffement des paupières, quelques secondes suffisent, faut pas traîner. Vite, vite, gagner la douche avant que l’Homme ne se l’accapare, sinon, je me prends 20 minutes dans la vue, et dans ce cas-là, autant retourner se coucher tout de suite, la journée est foutue…

Vite, vite s’habiller, tiens je vais remettre tout comme hier, je gagnerai une minute… vite, vite, ne pas se maquiller, ne pas se sécher les cheveux, ne pas se crème-de-jourer… vite, vite, faire le lit avec l’Homme encore dedans tanpis… vite, vite, préparer les petits-déjeuners, calculer sa trajectoire pour ne pas repasser deux fois au même endroit: s’arrêter devant le frigo, en sortir le lait, le jus de fruits, bifurquer vers l’arrière-cuisine, attraper les céréales, le choco en poudre, un sachet de thé, les biscuits, essayer de ne rien faire tomber jusqu’au plan de travail, mettre la bouilloire en route du bout du coude, verser le lait dans la casserole et poser enfin sur la table le jus de fruits, les céréales et les biscuits. Vite, vite, courir réveiller N°2 avant que le lait ne soit trop chaud, la poser dans le fauteuil, transvaser dans un biberon le lait qui était déjà dans une tasse parce que ce matin, elle ne veut pas de tasse, reposer la casserole sur le feu, pour que le lait reste chaud, monter réveiller N°1, lui mettre un coussin sous les fesses, une serviette à portée de main et la bouteille de lait à proximité parce que son choco sera trop chaud… vite, vite, enlever le lait du feu avant qu’il ne… trop tard… avec un peu de chance, le temps que l’Homme sorte de sa douche, d’ici 20 minutes, il aura repris une consistance normale… vite, vite, me brûler la langue avec le thé et avaler trois biscuits avant que N°3 ne m’appelle, sinon, c’est fichu… ah, ça y est…

Pause biberon avec N°3…………………………………………………………………………

Vite, vite, habiller les grandes, non, pas une jupe, non pas une robe, il fait -3°C, allez, mettez tout comme hier, on gagnera un quart d’heure… vite, vite, changer la couche de N°3, si, J’AI DIT CHANGER LA COUCHE!!!… vite, vite, enfiler le body, le t-shirt, “Aïe! Griffé Maman…” pardon, vite, vite, le pantalon, vite, vite, les chaussettes, “Mien pas besoin Sséssettes…” J’AI DIT ON MET LES CHAUSSETTES!!! Vite, vite, faire chauffer la voiture, vite, vite, me brosser les dents, vite, vite, distribution de chaussures, vous vous êtes brossées les dents les filles? VOUS NE VOUS ETES PAS BROSSEES LES DENTS!!! Trop tard, on les brossera ce soir. Vite, vite, harnacher tout le monde dans la voiture, oublier de fermer la porte à clé, vite vite, déposer les filles à l’école et N°3 chez Mélie, sa Nounou.

Pause café………………………………………………………………………………………..

Vite, vite, débarasser le petit-dèj, taper une chronique, étendre une lessive, envoyer une dizaine de mails… vite, vite, faire les courses de la semaine, sans la liste restée au chaud sur l’étagère à chaussures, oublier les couches et la lessive, racheter, comme toutes les semaines, des sacs réutilisables et échangeables à vie, parce que la vingtaine déjà acquise est au chômage technique dans le garage… vite, vite, passer chez le mécanicien, chez Orange, à la Poste.

Pause Poste………………………………………………………………………………………

Vite, vite, rentrer à la maison, avaler une soupe devant l’ordi, prendre des rendez-vous chez le médecin, chez le coiffeur, chez le dentist, regarder une vidéo stupide sur Internet, appeler ma soeur.

Pause Soeur………………………………………………………………………………………

15h30: tiens si je cirais mon parquet? Vite, vite, J’ai pile le temps avant que les filles ne rentrent…

16h15: tiens, si je faisais une brioche pour le goûter avec mon nouveau kitchen-aid qui brille? Vite, vite, mélanger les ingredients, vite, vite, lire la recette quand même, ah… elle doit reposer au moins 24h, oh, ça ne doit pas changer grand’chose… vite, vite, l’enfourner dans un four froid et partir chercher les filles.

16h28: Tiens, je ne devais pas imprimer les flyers pour l’asso des Parents d’Elèves? Vite, vite, lancer l’impression, courir, euh non, restée collée sur le parquet pas sec, monter secouer l’imprimante qui met trois plombes à chauffer, redescendre annuler l’impression, recommencer, remonter en courant, faire la danse de la pluie autour de l’imprimante en espérant que ça la fasse réagir, partir à l’école avec la moitié des flyers…

16h35: courir récupérer N°2, être interceptée par une maman, puis une autre, puis un papa, organiser une distribution de flyers depuis le coffre de la voiture, harnacher N°2 et partir récupérer le reste de la triplette chez Mélie… se rendre compte à mi-chemin qu’il manque quelqu’un dans la voiture: le fils de Mélie que je devais lui ramener… vite, vite, faire demi-tour pour retrouver, sur le parking, Mélie et son Mari, tous les deux alertés par l’école, et faire, peu fière, une nouvelle répartition de tous nos enfants dans les trois voitures…

16h54: vite, vite, servir aux filles un goûter constitué d’une brioche, qui a réussi l’exploit d’être à la fois plate, crue et brûlée, avec du Nutella, enfin surtout du Nutella… vite, vite, faire les devoirs, donner les bains, allumer Gulli… devant le parquet toujours collant, relire les consignes sur la bouteille de cire et voir qu’il était recommandé de laisser le bois sècher pendant 48h avant de marcher dessus… à moins d’installer un système de lianes, je ne vois pas comment nous pourrions maintenant atteindre nos chambres…

Vite, vite, enfiler trois paires de chaussettes à tout le monde et s’en servir de patins… vite, vite, préparer une potée pour le repas du soir… vite, vite, faire le feu avec du bois humide, reprogrammer une lessive, accueillir l’Homme et essayer de lui faire comprendre pourquoi la maison est pleine de fumée, que le sol brille mais colle, et lui promettre une bonne potée pour le requinquer de sa journée… vite, vite, mettre la table, se rendre compte que la viande de la potée n’est pas cuite, poser sur la table des oeufs à la coque, du fromage et du pain en espérant que l’Homme ne se rende compte de rien… vite, vite, coucher tout le monde, trop tard pour une histoire, pour le brossage de dents et pour le filet à bisoux…. Vite, vite, parce que ce soir, C’EST TOP CHEF!!!

Pause Top Chef (en repassant 6/7 chemises quand même, faut pas perdre le rythme) …………………………………………………………………………………………………..

Aller se coucher, enfin…

et rêver qu’on est poursuivie…

passer toute sa nuit à courir…

Odré court, elle aussi, mais elle est toujours à l’heure le lundi matin!

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15 thoughts on “chronique athlétique: récit d’un MAF-rathon quotidien

  1. Ce n’est pas très gentil de ma part, mais j’ai bien ri en avançant à un rythme effréné dans la lecture de ton histoire ! Bon courage pour demain…

  2. Ping: Faux-départ | Ma Vraie Vie de MAF

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