Chronique neurasthénique

 

Formule

Vous ne connaissez pas cette formule ? C’est celle du ‘Blue Monday’, le jour censé être le plus déprimant de l’année, qui tombe… lundi dernier ! et oui, il est derrière vous et vous ne l’avez même pas senti passé… c’est bien pour cela que je ne vous en parle qu’aujourd’hui, car je n’aurais, en aucun cas, voulu être responsable de votre grise mine du jour, ce n’est pas le genre de la maison.

C’est comme les horoscopes, je préfère toujours les lire en fin de journée, de mois ou d’année plutôt que de les laisser déterminer mon humeur. (Tiens aujourd’hui le mien dit : Vous serez raisonnable plus aisément que d’ordinaire, c’est le moment d’entreprendre un régime, de stopper une mauvaise habitude. Et ben voilà ! Si je ne l’avais pas lu, j’aurais apprécié mon chocolat du café de midi sans arrière-pensée. Là, je l’ai grignoté du bout des dents, avec un sentiment pesant de culpabilité, c’est malin…) Bref, cette formule du Blue Monday, élaborée par un certain Cliff Arnall, psychologue britannique qui pensait surtout avoir trouvé un créneau pour se faire un peu de blé, se décortique ainsi :

La Météo (W pour weather) + le niveau d’endettement (soit D, la dette accumulée et d, notre capacité à la payer) multipliés par T, le Temps écoulé depuis Noël, à la puissance Q (le temps écoulé depuis que nous avons pris nos résolutions du Nouvel An et que nous ne les avons pas tenues), le tout divisé par le Manque de motivation M, et le besoin d’agir Na (need to act).

Alors qu’on fait tous les jours de notre mieux pour ne pas nous apitoyer sur notre sort, voilà que ce bienveillant M. Arnall nous donne une excuse quasi scientifique pour le faire, afin que nous puissions, en toute sérénité,  nous tirer une balle dans le pied et nous couper tout seul les pattes en plein élan constructif de la nouvelle année… un peu comme quand on croise une plaque d’herbe en ski de printemps, et que nos spatules restent sur place alors que notre corps est sur sa lancée ; ou comme quand on sort en courant de la maison parce qu’on est extrêmement pressée et que la anse de notre sac se prend dans la poignée pour nous rabattre violemment contre la porte… Paf ! M. Arnall nous rattrape par ce petit bout de vulnérabilité insidieusement planqué au fond de notre Nous-Mêmes. Celui qui vous, enfin me, ramène à l’adolescence, période neurasthénique par excellence (Je suis troooop déprimée, on a bac blanc de maths/Ma mère m’a donné QUE la permission de 2h du mat’ Samedi/J’ai fait un rêve prémonitoire où on mourrait tous, tu peux pas comprendre…) Cette part un peu sombre  que j’ai croisée la dernière fois un jour de Mars 2002, où la coupe était trop pleine et que j’avais inondé de larmes une rame de métro jusqu’à ce qu’une dame assise en face se lève et me tende un paquet de mouchoirs en disant : « Moi, c’était hier… ». Alors j’ai pensé que, pour être aussi compatissante, cette femme avait certainement de très bonnes raisons d’être triste et que les miennes étaient décidément bien dérisoires… Depuis, j’ai toujours un paquet de mouchoirs à offrir au fond de mon sac et j’essaie au maximum de ne pas me plaindre (même pas vrai, je me plains de ma condition de MAF toutes les semaines auprès de vous !!!), de ne pas me laisser gagner par de petits accès de vague à l’âme passagers… ce ne serait pas honnête de ma part, épargnée que je suis par les affres de la vie.

Je ne suis donc pas d’accord pour qu’on m’impose un jour de déprime et m’oppose avec véhémence au déterminisme calendaire ! Pour la peine, soyons joyeux pendant tout le mois de Janvier !… ou alors, faisons carrément de ce Blue Monday un jour férié, pour que tout le monde se regarde le nombril sous la couette en s’accordant une cure anti-déprime d’urgence : un smoothie chocolat-café-ginseng en regardant Starbuck (un des films les plus réjouissant  que j’ai vu ces dernières années…)

En même temps, si on concentre toute la déprime du Monde ce jour-là, le reste de l’année ne devrait être que joie et Nutella (enfin Nocciolata, il paraît que c’est bien meilleur, sans huile de palme, sans colorant, sans OGM, avec des vraies noisettes d’Italie et tout et tout… ils l’ont dit sur Inter, ça doit être vrai), non ? Bon alors d’accord, je vais faire le plein durant toute l’année et rendez-vous, si mes calculs sont bons, le lundi 19 Janvier 2015 pour la chronique la plus triste de l’année! Je vais m’y mettre tout de suite, sinon, j’ai peur de ne pas y arriver…

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4 thoughts on “Chronique neurasthénique

  1. Voilà une équation comme je les aime 🙂 Allez, prends une tartine de Nocciolata (je te confirme que c’est ACHEMENT meilleur pour ta ligne, enfin, et surtout pour les orang-outang d’indonésie) et ça repart 😉 Bisous

  2. Mahahaha nan mais c’est quoi ces gens qui essaient de ns imposer même des jours de déprime quoi !
    Pour le Nocciolata, nous on a trouvé un truc de la marque Jean Hervé si jamais tu trouves dans ton coin ! Mais ici ils trouvent ça moins bons. Ils iront dire ça à leurs artères bouchées.

    • C’est comme la cigarette électronique, la Buckler ou le Mister Cocktail, je ne sais pas si ça remplace vraiment le vice originel, mais on va essayer de réhabituer notre corps!!!

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