Mes nuits sont plus cruelles que vos jours…

MAF nuit...sible 001

Longtemps je me suis levée de bonheur… et je ne comprenais pas les gens à qui on ne pouvait adresser la parole avant qu’il n’aient bu leur rasade de café, ceux qui grognaient avant de parler ou glissaient de la chambre à la douche aussi subrepticement qu’un passe-murailles afin d’éviter d’effrayer un co-locataire vaseux peu préparé à une vision d’horreur au lever du jour.

Maintenant, quand le radio-réveil m’extirpe, à grands renforts de mauvaises nouvelles, du sommeil abyssal où j’ai fini par tomber, je suis un peu un mélange de tout ça: je ‘CHHHHUUUUUT’ le moindre ‘Maman?’ intempestif, souffle à la première commande de biberon et ne ressemble à rien avant d’avoir trempé ma tête dans un bol de thé.

“Et pourquoi donc?” Vous demandez-vous, chers lecteurs tenus en haleine par cette introduction palpitante, digne d’un cliffhanger de série américaine, pourquoi donc?”

Parce que depuis quelques années, je compte sur les doigts d’une seule main mes nuits complètes.

“Quoi de plus normal quand on pond un enfant tous les trois ans?” ferez-vous remarquer, car vous avez du bon sens. “CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST NORMAL QUE C’EST PLUS SUPPORTABLE!!!” vous répondrais-je sans un poil – encore un – d’agressivité.

Surtout que la situation s’est quelque peu dégradée cette semaine, car l’Homme et moi avons décidé, sans vraiment consulter la troisième partie impliquée, que cette troisième partie, N°3 en l’occurrence, devait maintenant définitivement faire lit à part, chambre à part, voire même emménager dans un petit studio quelquepart. Car depuis 2 ans et demie, m’ayant adopté comme son doudou officiel, elle n’a quitté notre alcôve que par intermittences, je dirais même plus, depuis qu’elle a sa propre chambre et son propre lit, elle se lève toutes les nuits pour nous rejoindre… TOUTES LES NUITS. Nous sommes donc violemment entrés cette semaine en cure de désintoxication.

Généralement, je me réveille avant qu’elle n’arrive. J’entend ses pas dans l’escalier, mon coeur s’emballe et je me dis que j’ai peut-être rêvé, alors je remonte la couette sur mes oreilles; mais bientôt je distingue son souffle sur le palier… je me risque à ouvrir un oeil, m’attendant à deviner sa silhouette dans l’encadrement de la porte (la même taille et la même coupe de cheveux que Chucky, je suis à deux doigts de l’apoplexie…) mais je sursaute: elle est déjà juste devant moi! Alors je me retourne et me cale juste au bord du lit, en espérant qu’il ne s’agisse que d’un cauchemar ou qu’elle comprenne et rebrousse chemin, mais elle se glisse derrière moi et s’agrippe de toutes ses forces, suspendue dans le vide car je ne lui ai pas laissé de place.

Elle est donc bien réelle, ses ongles plantés dans mes épaules le confirment, alors je me lève, la redescend dans sa chambre, la pose dans son lit, lui fait un câlin, lui redit bonne nuit… mais elle ne desserre pas son étau et reste accrochée à moi comme Carrie Mathison à Nicholas Brody. C’est à ce moment précis que je perds le contrôle. Je m’arrache à son étreinte, ressors de la chambre en claquant la porte, elle commence à hurler; je re-rentre dans la chambre, la menace de lui supprimer ses tétines, ressors de la chambre avec les tétines, elle hurle de plus belle; à la troisième tentative, j’ai perdu tout ce qui me restait de patience et de dignité… Survoltée, effrayante et violette comme un Minion piqué au PX 41, je balance les tétines et hurle plus fort qu’elle… jusquà ce que l’Homme descende en courant dans l’escalier. J’en profite pour m’éclipser, remonte sous la couette… je l’entend se fâcher d’abord, sans crier (seuls les hommes en sont capables), puis baisser le ton pour finalement s’adoucir et calmer la bête.

Quand il remonte et que je lui dis que je n’en peux plus, il me répond que lui non plus et qu’ “on paie le résultat de notre laxisme”. Je voudrais bien lui faire remarquer qu’il y a comme une incohérence dans sa phrase, qu’on ne paie pas un résultat, mais je doute qu’il soit tout à fait réceptif à un cours de vocabulaire à cette heure de la nuit, alors je me tais et… ne me rendors pas. Impossible de faire redescendre ma tension, surtout quand j’imagine que celle de Choupinette, un étage plus bas, doit frôler des records aussi…

Du coup, accumulation de fatigue = compensation calorique et surconsommation de chocolat, capitale patience épuisé, démotivation totale, somnolence… dans la journée, tout devient donc une corvée, la moindre de mes phrases est ponctuée d’un “PFFfffff”, paupières closes, épaules tombantes… “Maman, je peux avoir des céréales? – PFFfff / Maman, je mets quoi comme habits? – PFFfffff / “Maman, l’est où tétines à Mien? – PFFfff… Parallèlement et paradoxalement, je développe une propension exceptionnelle à monter dans les tours: 0 à 100 décibels en moins de 3 secondes…

Bref, pour ceux qui en douteraient encore, je le confirme: la privation de sommeil EST une torture… Oooooaaaahhhhh, d’ailleurs je…. Oooooaaaahhhhh again…. Je Oooooaaaahhhh… mlkjfpoiujaen  mljiouj oiupoiiuyuip lkjhfoiqudhfnlakjhn loinulkjhoiudsqyghpvuhljknwflsdkj, comqilei,kf^pazoei,fkdvclkjhpiuyap… ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ…

Ecrit en étroite collaboration avec Odré… 

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8 thoughts on “Mes nuits sont plus cruelles que vos jours…

  1. Ah, je compatis…bébé 5 nous en fait baver. Pas de recette miracle, on a toujours mis en place la même routine, on a eu deux dormeurs, une pas trop embêtante, et deux insomniaques!

    • Bébé 5 quand même!!! Respect! Deux insomniaques sur cinq, ça fait beaucoup de petites nuits… même s’il n’y a pas de recette miracle pour les faire dormir, en existe-t-il une pour tenir le coup?

  2. OOOOOhhh que je compatie (en riant certes!)… ici les nuits se sont faite à 1an pour n°1 et à 7mois pour n°2… mais j’ai pensé plusieurs fois à les passer par la fenêtre!!!!!!! alllez, tenez bon, c’est pour le bien de tous!

    • Merci, merci… je me sens moins seule dans mon hystérie… et j’en connais une autre – que je ne citerai pas ici, mais qui me croque tous les lundi, pour donner un indice – que cette communauté de folles de la nuit doit bien rassurer!!

  3. Ping : Mes nuits sont plus cruelles que vos jours – épisode 2 | Ma Vraie Vie de MAF

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