Chronique hystérique

 MAF hystérique

Ce matin, je n’ai pas ouvert la bouche avant 07h19 (soit pendant les 19 minutes qui ont séparé mon réveil de celui de mes filles). Et puis ça a commencé.

J’ai d’abord élevé la voix… basse. En retrouvant N°2 dans le lit de N°1, où elles avaient dormi toutes les deux contre notre décision (pas les veilles d’école, parce qu’elles font les folles), j’ai sauté la case ‘bonjour’ pour les accueillir en ronchonnant et leur faire part de mon mécontentement en chuchotant très fort (pour ne pas réveiller N°3), ce qui donne à peu près ceci: JE NE SUIS PAS CONTENTE DU TOUT LES FILLES, ON AVAIT DIT: PAS QUAND IL Y A ECOLE !!! MAIS QUAND ON VOUS DIT QUELQUE CHOSE, VOUS FAITES SYSTEMATIQUEMENT LE CONTRAIRE !!! mais en taille de police 2,5… En pyjama, les cheveux dressés sur la tête, avec force pointage de doigts et froncement de sourcils pour compenser la sourdine. Impressionnante, crédible, très efficace…

Puis j’ai crié quand, après avoir courru derrière N°3 pour changer sa couche à quatre pattes dans sa chambre, pour lui mettre son body perchée sur les toilettes, pour lui enfiler son pantalon sous la table, puis ses chaussures dans l’armoire de l’entrée, après avoir expliqué à N°1 que ses chaussettes vert fluo juraient avec son pantalon rose et remonté dix fois son t-shirt trop grand qu’elle-adore-parce-qu’il-dénude-son-épaule, après avoir harnaché ces deux-là dans la voiture qui chauffait déjà depuis 10 minutes… j’ai retrouvé N°2 en train de faire du karaoké devant la glace de la salle de bains au lieu de se brosser les dents-les cheveux-mettre ses chaussures… on est arrivées en retard.

Je me suis fâchée à midi, parce que N°1 voulait, comme tous les jours, inviter une de ses copines à déjeuner et que ça n’était pas organisé (j’imaginais déjà ladite copine rentrer chez elle en racontant à ses parents: “C’était trop cool, on a mangé des chipsters trempés dans le ketchup, avec du chocolat chaud et des fraises tagada en dessert”… Oui, je suis contre la sur-consommation et ne fais les courses QUE lorsque tous les placards sont vides ou que nous avons des invités). Je me suis ensuite énervée à table, parce qu’aucune de mes trois filles ne peut rester assise le temps du repas. Il leur faut, à tout moment, faire le tour de la maison en courant, danser au milieu du salon ou aller faire subitement un dessin (“Mais finissez vos chips avant de sortir de table, bon sang! Je ne veux plus une goutte de ketchup dans ces assiettes, sinon vous n’aurez pas de dessert!”). Puis j’ai gueulé en voyant N°2 arracher les épines des rosiers devant moi une première fois, et en cachette une deuxième… J’ai d’abord toqué très fort sur le carreau: JE VIENS DE TE DIRE DE NE PAS LE FAIRE ET TU CONTINUES !!! PARCE QUE QUAND ON TE DIT QUELQUE CHOSE, TU FAIS SYSTEMATIQUEMENT LE CONTRAIRE !!! Mais comme j’étais derrière la vitre, elle a souri en m’imaginant dans un bocal… Dans mes bras du mauvais côté de la fenêtre, N°3, elle, a perdu un tympan.

Re-départ à l’école, re-panique généralisée, re-course, re-tard.

A 16h30, j’ai encore perdu mon calme, parce que N°2 voulait, comme tous les soirs, inviter une des ses copines à goûter et QUE J’EN AI MARRE QU’ELLE ME LE DEMANDE TOUS LES SOIRS!!! Elle a fait la tronche. N°1 aussi, pour le midi. N°3 aussi, par épidémie ou par empathie. Puis elles ont commencé à se chamailler, à se disputer, à brailler, dans une tentative commune de battre le record du Monde de décibels au mètre carré (extrêmement difficile à mesurer, d’où l’absence de référence en la matière dans le Guiness actuellement).

Alors évidemment, au bout de cette journée-là, quand je leur ai demandé de ranger leur chambre ou de mettre la table, il ne servait plus à rien de rugir, de hurler, de geindre, de gémir, de m’époumoner, de me plaindre, de mugir, de beugler, de feindre… la fréquence de ma voix ne parvenait plus jusqu’à leur cerveau, elle n’était qu’un bourdonnement continu, un peu agaçant, une sorte d’acouphène auquel on finit par s’habituer. Cette indifférence aurait dû me faire exploser… mais je ne pouvais plus, j’avais déjà tout donné depuis les premières heures de la matinée.

A quelques lunes à peine des premières crises d’adolescence, le constat est donc accablant: épuisée, hystérique, dépassée, je suis arrivée au bout de mes ressources et je n’ai déjà plus aucune autorité.

Odré m’a extrêmement bien comprise quand je lui ai parlé d’hystérie…

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5 thoughts on “Chronique hystérique

  1. celui là, c’est mon préféré… celui devant lequel je pleure de rire en le lisant…. et surtout, je me reconnais presque à chaque ligne….. lol

  2. Ping : 1 AN!!!! | Ma Vraie Vie de MAF

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