Plaisirs Solitaires

J’ai eu du mal à m’y remettre… au début, je ne savais plus trop comment faire, ça faisait si longtemps… c’était laborieux, je fatiguais vite et n’éprouvais finalement que peu de plaisir en proportion des efforts fournis. Et puis, petit à petit, mon corps s’est rappelé. J’ai retrouvé mes repères, la volupté au bout des doigts, le désir qui monte, le coeur qui s’emballe, les émotions qui vous submergent par vagues, pour atteindre la satisfaction, l’apaisement et l’envie de recommencer…vite… très vite. pola-rose

Avec l’avidité d’une junkie mal sevrée, qui ne prend conscience de l’ampleur du manque qu’au moment où elle replonge, j’ai donc renoué avec mon addiction et me suis mise à ne plus penser qu’à ça. J’imaginais tous les endroits où j’aurais aimé le faire: dépaysant dans le train, confortable dans la voiture, brute dans le garage, bucolique au fond du jardin couchée sur un tapis de mousse et d’herbe fraîche, accompagnée par le chants des oiseaux… Je guettais le moindre espace de liberté pour m’y adonner: au lit, avant de me coucher ou quand j’ouvrais les yeux avant le réveil, sans bruit pour ne pas réveiller mon camarade de chambrée; cachée dans la salle de bains, pendant que les filles regardaient “Les Cités d’Or”; dans la cuisine, 3 minutes 45, le temps de cuire les oeufs à la coque, c’était juste, mais pourquoi se priver?… je ne pouvais plus m’arrêter, ni me concentrer sur autre chose. Je ne répondais plus au téléphone, expédiais le dîner sans culpabilité – pas le temps de faire les courses de toutes façons, et puis une boîte de thon sur du pain de mie, c’est presque équilibré et ça prend cinq minutes, digestion comprise – , je laissais N°3 macérer dans sa couche, les poux envahir la tête de N°2 et N°1 truffer ses dictées de fautes… quant à l’Homme… je voyais bien qu’il s’étonnait de me voir filer seule dans notre chambre à 20h45, mais dans ces moments-là, je ne pensais qu’à moi.

Passée la frénésie des premiers moments, j’ai ensuite trouvé ma vitesse de croisière. Le plaisir restait le même, moins violent peut-être, plus maîtrisé… et ma vie s’est peu à peu rééquilibrée.

Dire que j’avais presque failli oublier à quel point c’était bon… quoi qu’il en soit, aujourd’hui j’exulte, car:

je viens de terminer la lecture de mon roman*!

(le premier depuis presque deux ans…)

 *La Fabrique des Illusions, de Jonathan Dee, chez Plon, débusqué dans l’inépuisable bibliothèque paternelle.

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One thought on “Plaisirs Solitaires

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