Nous les femmes, on anticipe…

 MAF j'anticipe

J’ai écrit cette chronique il y a trois semaines… enfin presque.

Il y a trois semaines, veille de vacances de Février, de maison pleine à craquer, de filles désoeuvrées à occuper, je me suis dit que je n’aurais jamais devant moi, pendant au moins les 15 prochains jours, l’heure de tranquillité nécessaire à la rédaction d’un bon billet. Il fallait donc que j’anticipasse et que je l’écrivisse au moment où j’en avais encore la liberté (à défaut de mot compliqué, aujourd’hui je vous assène une bonne vieille concordance des temps, et pan!). Dans les faits, et comme j’aime particulièrement me tirer des balles dans le pied, je me suis laissée dépasser avant même d’avoir eu le temps de démarrer. Mais… j’avais (essayé d’) anticipé(r).

Comme j’anticipe, parfois même avec efficacité :

–       les vacances: en commençant à préparer les valises au moins une semaine avant le départ (en même temps, où que nous allions, je n’exclue ni la possibilité d’une canicule, ni celle d’une tempête de neige et finalement la luge, c’est sympa aussi sur le sable).

–       Les épidémies: en demandant au médecin une ordonnance pour toute la famille dès que l’un d’entre nous montre des signes de faiblesses, parce que c’est bien connu, plus ils sont nombreux, plus les enfants sont familiers avec cette belle notion qu’est le partage.

–       les dépenses: en prévoyant déjà très précisément la manière dont je dépenserai mes sous au moment où je recommencerai à toucher un salaire d’un employeur un peu plus généreux que la CAF… (enfin là, ça devient carrément de la science-fiction).

–       un dîner: en concevant un menu parfois plusieurs semaines à l’avance (si, si, suivant le degré de stress généré par les invités et ma volonté de vouloir faire forte impression ou pas, je peux faire ça… je sais, c’est à la limite du pathologique…).

Mais je crois pouvoir dire, sans trop m’avancer, qu’il s’agit là d’un travers trait de caractère commun à beaucoup de mères/femmes/nanas. C’est notre côté visionnaire à nous. Le même qui, plus d’une fois, nous a fait imaginer le garçon assis à côté de nous avec un marmot dans les bras et une alliance au doigt, à peine 10 minutes après l’avoir rencontré. Ce 6ème sens qui nous permet au quotidien de protéger nos enfants de toutes les catastrophes qui les menacent: « ne grimpe pas sur cette échelle, tu vas tomber/ne mange pas la neige sale, tu vas être malade/finis ton assiette ou je vais me fâcher et tu vas pleurer »… nous sommes les reines de la projection, des esclaves du futur immédiat, des Cassandre* en puissance, parce qu’on nous a greffé une boule de cristal à l’intérieur du cerveau… et oui, elle prend beaucoup de place, c’est donc pour ça qu’il n’en reste pas beaucoup pour la logique et la rationnalité; et oui, c’est son poids qui nous fait parfois pencher la tête sur le côté avec cet air perplexe, ce qui expliquerait que nous ayons toutes des problèmes de cervicales; et oui, ça fait le bruit d’un bocal vide quand on toque dessus (d’où la mémoire de poisson rouge d’ailleurs, ça fait sens)… là,  encore, je suis dans l’anticipation… des vannes masculines…

Enfin, ce que je ne m’explique pourtant pas, c’est pourquoi cette formidable faculté à toujours avoir un coup d’avance ne m’est absolument d’aucune utilité aux échecs, au tarot et dans les conversations houleuses avec mon homme… peut-être parce que malheureusement, je ne sais toujours pas conjuguer anticipation et stratégie… A travailler!

*Dans la mythologie grecque, Cassandre a le don de prédire l’avenir (la chute de Troie, le cheval, tout ça…) mais personne ne croit jamais à ses prédictions.

Odré, mon illustratrice préférée, avait, elle, tout à fait anticipé cette chronique, en préparant son dessin bien avant que mon texte ne soit prêt…

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6 thoughts on “Nous les femmes, on anticipe…

  1. J’anticipe les ravitaillements de course : j’ai de quoi tenir un siège vu le nombre de packs d’eau, paquets de pâtes, gels douche, dentifrices… d’avance. Je ne peux pas m’empêcher de faire du stock à la moindre promo. Papa est occupé se fout de moi, en attendant, si la guerre est déclarée demain, on sera parés !

    • et tu stockes tout ça dans ton abri anti-atomique? 😉
      je pense que quand on a charge d’âmes, on a forcément la hantise de ne les voir manquer de rien… et une certaine tendance à imaginer le pire quand même… ça doit être une sorte d’hormone paranoïaque qu’on développe au moment de la grossesse…

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