Episode 12: Lendemains difficiles – chronique sous alka-seltzer

Prenons le schéma classique d’une famille en sortie le samedi soir – enfin, presque classique, plus précisément une famille sans baby-sitter qui sort le samedi soir avec toute sa marmaille -, à une certaine heure, Mère Courage prend un air résigné mais dévoué, rassemble sa couvée et rentre au nid, laissant Père Ripaille terminer la fête jusqu’à plus soif. Chez nous, c’est souvent l’inverse… Père Courage ramasse doudous et tétines, se cale une fille sous chaque bras, balance la dernière sur ses épaules, et, sous le regard attendri de toutes les autres mamans de l’assemblée, part en héros bercer la triplette pendant que Mère Débauche enchaîne les coupettes en dansant la lambada – sous le regard mitigé des mêmes mamans qui envient votre gestion de la situation mais vous trouvent un peu légère quand même.

Et oui, répartition des tâches et des obligations, c’est pour cela que des générations de femmes ce sont battues avant nous, pour que nous ayons, nous aussi, le droit de rentrer bourrées à point d’heure, de perdre des points sur nos permis, de tester la cellule de dégrisement, bref, de mettre notre dignité à rude épreuve quand on a décidé de le faire. Parité devant l’opportunité de réjouissances un soir, égalité devant la gueule de bois le lendemain…

pola-cachet

Parce que la nuit est généralement encore plus courte que prévu. Palpitations, vertiges et nausées vont immanquablement de paire avec les terreurs nocturnes de N°3, qui vous accorde quand même généreusement un repos bien mérité jusqu’au lever du soleil.  Au matin, les yeux dans les chaussettes et l’estomac en vrac, après s’être lavé trois fois les dents mais n’osant toujours pas parler en face aux enfants, de peur d’être à l’origine de leur premier coma éthylique, on se sent… comment dire… on se sent un peu comme après avoir assouvi une incontrôlable envie de chinois alors qu’on vit dans une région sinistrée en matière de nourriture asiatique; par gourmandise, on finit par se jeter sur le premier buffet-wok à volonté qu’on aura mettra deux jours à digérer. Gavé de glutamate pour le reste de l’année, on jure mais un peu tard, qu’on ne nous y prendra plus.

L’alcoolisme militant, c’est pareil, on se sent gourmande, incroyablement libre et féminine le soir sur la piste de danse, mais on voudrait bien que les hommes récupèrent
le casque à boulons du lendemain, parce que ça, pour le coup, ce n’est pas terriblement sexy et totalement incompatible avec l’image de la mère parfaite que l’on s’échine à bâtir au quotidien.

En résumé, le mojito comme arme de défense des droits de la femme? Bof… je crois que j’ai encore fait fausse piste.

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3 thoughts on “Episode 12: Lendemains difficiles – chronique sous alka-seltzer

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